
Chères festivalières, chers festivaliers,
Quand j’étais djeune, le marché de la musique fonctionnait comme une charmante supérette de village : on y trouvait les quinze articles de base qui suffisaient au bonheur des mélomanes avertis comme des brutes distraites. Le rock asymétrique et le tango moldave y côtoyaient le twist à bande molletière et le hula-jerk et tout le monde était bien content. C’est loin. Désormais, le marché a tout d’un hard discounter perdu dans la désolation d’une riante friche industrielle. Parmi l’offre colossale à télécharger sur votre appendice électronique, la techno-death et le jolipabo sont encore les articles les plus aisément identifiables, c’est dire si un cloporte n’y retrouverait pas ses petits.
Je dis : ne nous affolons pas ! Ces milliers de musiques actuelles appartiennent grosso modo à deux grandes catégories :
a) La musique grumeleuse, qui dûment décalcifiée et fixée au bout d’un bâton vous permet de vous gratter le dos sous la douche.
b) La musique concave, bien faite pour accueillir en son creux un maximum de notes susceptibles d’exciter nos troupeaux d’intellectuels.
Généreusement généraliste, le Chant du Gros vous offre cette année l’une et l’autre, pour que resplendisse en son sein la clameur heureuse d’un public comblé par tant de tout.
Votre ami,
Georges Calgon
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